Pensées

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Description

PENSEES

 
  1. Comme un Dieu se mouvant partout et sans effort, l'âme est à l'esprit ce que l'esprit est au corps.
  2. La sincérité la plus authentique n'est que le degré zéro de l'hypocrisie.
  3. L'évidence est bizarre. Nous vivons dans un rêve : si on l'oublie, nous fuyons la réalité.
  4. La parole schématise le sentiment, endort la sensation et glace la pensée.
  5. L'âme et le corps ont besoin du présent pour être majestueux.
  6. Il vaut mieux rester zen et ne rien comprendre que tout comprendre et devenir fou.
  7. Les rêves sont étranges mais si la réalité ne l'était pas, ils n'auraient plus que la peau sur les os.
  8. Il me semble que l'esprit soumet les notions abstraites à la même volonté qu'a le mathématicien de soulager son intuition vagabonde dans une flopée de formules écrites et de figures tracées : peut-être emprunte-t-il une voie facile pour ne pas dissoudre  la nature concrète de la compréhension intuitive.
  9. Si mon comportement a de nombreuses fois trempé dans la violence de l'égoïsme, dans l'irrespect de la pudeur, dans la bêtise de se croire stupide et que sais-je encore, c'est que la foule me les a inpirés par ses moindres regards , par ses gestes les plus ignorés,  par les manifestations inconcientes de son orgueil ridicule. Et pourtant, Dieu sait combien j'aime ces "passants",  ainsi nommés pour ne pas heurter l'esprit de civilisation !  
  10. De temps à autre, des bouffées d'admiration face aux plus grands esprits disparus me secouent  tout entier aussi vigoureusement qu'une passion amoureuse s'empare de l'âme humaine pour la consacrer pleinement à l'être adoré.
  11. Le rire est souvent l'écorce d'une joie ignoble. Ce qui m'est le plus accablant, c'est de percevoir malgré moi à quel point l'horreur absolue d'une petite moquerie, d'un séduisant jeu de mots ou d'une savante allusion  peut être feutrée, camouflée sous le plus vil des respects.
  12. Gandhi n'était pas une "grande âme": c'était seulemnt un être humain. Le peu d'humanité anormal qui règne dans le monde fait paraître grande l'âme du Mahatma et le rend si exceptionnel. Cependant, chacun devrait lui ressembler et la bienveillance quasi légendaire de ce personnage merveilleux devrait devenir commune.
  13. Le surplus de respect et le surplus de haine sont les versants opposés d'une même montagne : l'intérêt.
  14. La honte poursuit toujours la plus infime de mes béatitudes : j'ai sincèrement peur d'être heureux lorsque je me souviens de la misère du monde, des enfants morts près d'un point d'eau désespéremment craquelé, ou lorsque je m'efforce d'imaginer le train de vie des pitoyables amoureux du luxe et leur soif inasssouvie du plaisir vendu. Le regret de voir ma famille, ma compagne, mon ami et moi-même inscrits dans cette inéluctable hierarchie sociale, ce regret sans espoir agace mon bonheur.
  15. L'amour fidèle et éternel est caméléon : il reste immobile et immuable tout en changeant de couleur et de sentiment, il promène discrètement ses yeux infidèles dans tous les sens, regardant partout sans pour autant tromper, capturant une proie sans pour autant le montrer.
  16. L'Amour, c'est ce qui reste quand il n'y a plus d'amour.
  17. Il n'est pas juste d'être reconnaissant envers ses parents de nous avoir fait naître ! C'est la Nature qui donne naissance aux êtres vivants : les géniteurs ne sont que les outils de cette grande créatrice.
  18. Après avoir purifié dans mes fantasmes la société empoisonnée, je constate que l'amour , l'humilité et la connaisance seuls demeurent dans le filtrat; ils forment le substrat délicieux de la civilisation. Parfois l'adoration s'agrippe aux grands esprits, voire aux grandes âmes, mais le fiel de la réalité non purifiée provoque des grimaces de dégoût. C'est que notre attachement excessif au Mahatma nous révolte autant  que notre indifférence générale à l'égard d'un noble mendiant. J'ai maintes fois envié Einstein et Mère Teresa, ces êtres élus en tant que que modestes messagers divins, mais je tente quotidiennement de les aimer avec cette  tendre simplicité apte à forger la félicité la moins souillée sur Terre. Car Einstein et Mère Teresa n'éprouvent  aucune fierté à être bon ou intelligent, et il est aussi absurde de les apprécier  outre mesure que d'estimer un orgueilleux capable des pires forfaits. L'admiration excessive que ces personnes de qualité suscitent dans la population mondiale les affuble d'une force d'emprise psychique qu'ils n'ont pas choisie, un magnétisme  mental du à la fascination maladive  qu'exercent leurs vertus sur nos âmes et esprits misérables. Malheuresement , certains charlatans profitent de cette faiblesse humaine pour fonder des sectes où l'apparente beauté morale de leurs actions coïncide étrangement  avec leur soif inassouvie de domination et d'exploitation.  La sainteté du Beau et du Bien visite souvent les hommes mais rarement pour ne pas s'entacher aussitôt des fausses valeurs conçues par l'univers d'ici-bas : la science et la vanité ne font-ils pas souvent bon ménage ? l'altruisme extraordinaire ne confère-t-il pas un certain pouvoir malsain ?
  19. Le but de la poésie n'est pas de décrire la réalité ni de la fuir par l'imagination mais de créer ou de révéler une nouvelle réalité parallèle qu'elle recèle au sein de notre monde : la poésie, c'est du fantastique certain et du merveilleux sincère.
  20. Il faut expulser n'importe quelle raison de réfléchir sur ce qui n'et pas incompris pour être libre, et tout particulièrement,  perdre la notion de liberté.
  21. L'amour n'a pas le droit de cité tant que la misère existe.
  22. Je voudrais que tous mes écrits aient pour seul sujet l'impossible guérison de la maladie d'écrire.
  23. J'ai toujours adoré me trouver sur le point de piétiner la liberté d'autrui sans jamais le faire. Mon comportement fortement épicé irrite leur conscience mais n'échoue pas à faire émerger une débandade de penses tâtonnant les motifs de la confrontation. Je dois avouer qu'une société considérée comme une usine à libertés ou comme un pénitentier d'individualismes n'a jamais été mon fort !  Apprécions les rares audacieux qui se cognent doucement à la vie privée de l'Autre pour savoir si on a le droit de la pénétrer ! La solitude et la liberté heureuse s'aiment sulement si l'on ne rejette pas comme une ortie malicieuse la question de l'inconnu parfait: "Veux-tu être mon ami ? ".
  24. Ce que je trouve bien amusant dans la littérature, c'est son art de téléscoper parfois un sujet fascinant par sa simplicité humaine et les arabesques de la plume, c'est son apparente facilité à parler savamment d'un paysan, d'une prostituée, d'un miséreux, d'un idiot, d'un fou, de personnes qui n'ont généralement pas tenu un seul livre dans leurs mains et pour qui les écrivains ne sont qu'un grand chambardement de science et de maîtrise verbales.
  25. Je suis persuadé qu'il existe une débauche apte à cohabiter avec la vertu.
  26. La mort est l'échec ultime de toute existence.
  27. La vraie sagesse ne revendique pas la modération, car ce serait un excès que de la prôner sans cesse.  Elle ignore même cette dernière pensée, et ainsi de suite...
  28. Le bien-être que procure le sport peut aider la volonté à occuper l'esprit.
  29. Etre heureux, c'est toujours avoir quelque part avoir l'âme en peine, car le bonheur exige la liberté et la liberté ne peut jamais éluder le parfum de la douleur.
  30. Le pouvoir rend ridicule,  mais qu'est-ce qu'un homme ridicule, sinon un comique involontaire qui divertit la foule ?
  31. La volonté est la seule drogue légale  et applaudie par les hautes sphères de la politique.
  32. Plus on désespère d'être heureux, plus le bonheur fuit nos élans courts et indignes de sa beauté.
  33. Une femme épousée a besoin d'être courtisée toute sa vie par son mari.
  34. Une belle femme ne rêve pas d'être célèbre : elle l'est déjà !
  35. Le Temps, c'est de l'Espace qui se reproduit inexorablement.
  36. L'excès de sommeil, de nourriture et de dépense physique épuise et stresse l'organisme autant que l'excès de veille, de jeûne et de sédentarité.  Il ne faut pas dormir, manger et bouger parce qu'on a sommeil, faim ou envie de courir mais seulement lorsque le corps en a besoin.
  37. Une bouche luxuriante chamarrant un esprit larvé séduit beaucoup moins qu'un esprit riche cachant miraculeusement une bouche qui trébuche.
  38. J'ai souvent l'impression, lorsque j'agis, que je ne fais pas les choses, moi, mais le temps qui passe. Le temps n'est pas le temps, c'est de l'espace en mouvement, ou plutôt en création,  car le mouvement lui-même n'est qu'une tranche d'espace-temps créée. Par qui ? La matière noire et son énérgie noire, probablement !
  39. J'aimerais un jour comprendre ce que j'écris, moins parce que "cela ne veut pas rien dire", comme l'a écrit Rimbaud à propos de ses poèmes obscurs, que pour aller explorer cet Autre qui se cache au fond de mon être et qui travaille à ma place.  Dois-je remercier cet écrivain que je ne suis pas et auquel j'obéis au doigt et à l'oeil ainsi qu'un fidèle secrétaire ? On ne naît pas écrivain laborieux, mais heureux usurpateur.
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Informatique basique

Trimcev Orion

220, avenue Barthélémy Buyer, bâtiment A,
69009, LYON
0621095009 otrimcev@gmail.com LE CLOWN TRISTE

Dans le bois tricolore de l'automne mûri
Un homme erre, seul, et hume l'air du soir.
Il rit, courbé, et se remémore , heureux,
Sa journée de travail bouclée et biscornue ,
Car, pour vivre, le jour, il et clown de rue.

- "Saltimbanque, intercepte les sous des badauds
Et ton compte en banque est content d'être rempli
Grâce à tes grimaces grimées, creusées
Comme des ornières dans ta joue blanche et bleue"

Mr.Bertrand (c'est le nom du noble mendiant :
Un nom bien banal pour un clown aussi fou)
Mr. Bertrand n'est pas très normal dans sa tête de rat :
L'autre jour, il sautait par dessus un ruisseau
Qui coulait uniquement dans son esprit en feu.
Hier matin, il prit ses jambes à son cou
Pour fuir un danger terrible qui n'existait pas.

Pourtant, il porte un pardessus sérieux,
Un chapeau de bandit dix-neuvième siècle
Et des souliers de roc noir, verni, taillé au silex.

Se amis le voyant harnaché comme un cuistre,
Ses rares amis le croient député libéral,
Sa femme, ses enfants le disent ministre
Et ses parents le pensent professeur de lettres
Assis sur une chaire d'agrégé, en velours,
Enduisant à cor et à cri aux élèves de se taire.

Mais il n'en est rien car cet air de dignitaire,
De faux shah, de roi Lear, de Samson,
Il l'a inventé, il l'a fabriqué, il l'a échafaudé
Avec les bras robustes de sa volonté musclée,
Avec son salaire d'Alpha pris par terre,
Au fond du haut-de-forme renversé sur l'asphalte.

Ayant une inclination infinie pour les magnats,
Mr. Bertrand dresse son dos et se prend pour un dieu roi
Qui n'a qu'un peuple imaginaire tombé à genoux,
Ou, les mains dans les poches, il fume sa pipe
Et lui court après comme pour l'attraper
En écartant jusqu'au bout le compas de ses pas.

Il le sait, résigné, qu'il n'atteindra guère
La Gloire qu'il subtilise dans une incessante guerre
Contre les insectes envahissants de la Misère.
Cependant, il a tout, une famille, une villa
Et rien à envier aux postes les plus beaux
Car le Talent du génie, comme ces paysages superbes
Qui ignorent le pays pauvre les abritant,
Ne regarde pas l'endroit où il atterrit
Et rendrait riche même les gnomes monstrueux
Sans pour autant effacer la détresse sur leurs yeux.

Un clown joyeux , le jour, et triste, la nuit :
Voilà ce que Mr. Bertrand a réussi !
Du haut de ses quarante ans qui ne lui vont pas,
Au soleil, il joue de la guitare dans un parc,
Entouré d'ifs curieux et de demoiselles charmées,
Ou enchaîne, enjoué, dans la rue achalandée,
Ses numéros de cirque qui font mouvoir la foule
De gens fusionnant comme un blob intelligent.

Le soir venu, sous la lune et les étoiles en chœur,
Il pleure, et ses larmes, ces cantiques du cœur,
Détruisent la peinture de sa peau colorée.

Il pleure dans son coude, parlant à la cantonade :
C'est un navire immobile, prisonnier de la rade,
Qui voudrait s'affranchir, dériver vers le large…
C'est un artiste damné, maudit, solitaire,
Piteusement accroché à la marge du Bonheur !

Alors, une nuit, il quitta doucement son lit
Puis alla lentement s'accouder à la fenêtre
Que baignait la noirceur d'une lumière bleutée.
Séléné était belle et traversait le ciel
Noir parsemé de milliers d'étincelles…
Là haut où eussent fleuri en lys épanouis
Les illustres astres d'une Renommée flétrie
Le clown triste jeta un dernier regard
Avant de s'éloigner sans s'être revêtu,
En enjambant la baie, s'appuyant au trumeau,
Vers l'horizon feuillu d'obscurité touffue…

Dans le bois monotone de l'hiver alourdi,
Un homme errait, seul, et humait l'air du soir,
Il sanglotait, courbé, et se rappelait, déprimé,
Toute sa vie passée à n'être qu'un artiste
Sans valeur, sans succès, sans reconnaissance;

Il grimpa un arbre et, sous une branche qui danse,
L'on voit encore son corps que le vent froid balance.

- Saltimbanque, intercepte l'obole des ombres
Et ton chapeau de mort est content d'être rempli
Grâce à tes grimaces figées, creusées
Comme des ornières dans ta joue hâve et dure !





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