LA NEIGE ET LE SOLEIL

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Description

LA  NEIGE  ET  LE  SOLEIL

 

L'Hiver s'accoude à l'horizon caché, 

Camouflé dans la bave nuageuse

Des cieux barbouillés à la chair juteuse.

 

Il contemple un peuple en éclats, rompu

De froid, fuir son souffle, triste bonté

Figeant toute chose : amour, volonté...

 

Ses yeux jaloux de la douce chaleur

Du Printemps, vif et coquet personnage

Qui montre son torse fleuri d'ombrages,

Pleurent, et ses larmes se changent en grêlons

Lourds de lugubres pensées; il va rêvant 

De voler l'amour qui pousse en l'enfant

Follement épris des rares couleurs, 

Qui scintillent comme des fleurs précieuses, 

Comme des pierres souples, délicieuses...

Au soleil rafraîchi de molles brises...

 

Voilà qu'une idée émousse le souhait

De vaincre un instant son rival parfait :

Il sanglote moins et la neige tombe. 

Dehors, tous les enfants vont jouer

Et l'Hiver ne cesse de se moquer...

 

 

 

 

 

Informatique basique

Trimcev Orion

220, avenue Barthélémy Buyer, bâtiment A,
69009, LYON
0621095009 otrimcev@gmail.com LE CLOWN TRISTE

Dans le bois tricolore de l'automne mûri
Un homme erre, seul, et hume l'air du soir.
Il rit, courbé, et se remémore , heureux,
Sa journée de travail bouclée et biscornue ,
Car, pour vivre, le jour, il et clown de rue.

- "Saltimbanque, intercepte les sous des badauds
Et ton compte en banque est content d'être rempli
Grâce à tes grimaces grimées, creusées
Comme des ornières dans ta joue blanche et bleue"

Mr.Bertrand (c'est le nom du noble mendiant :
Un nom bien banal pour un clown aussi fou)
Mr. Bertrand n'est pas très normal dans sa tête de rat :
L'autre jour, il sautait par dessus un ruisseau
Qui coulait uniquement dans son esprit en feu.
Hier matin, il prit ses jambes à son cou
Pour fuir un danger terrible qui n'existait pas.

Pourtant, il porte un pardessus sérieux,
Un chapeau de bandit dix-neuvième siècle
Et des souliers de roc noir, verni, taillé au silex.

Se amis le voyant harnaché comme un cuistre,
Ses rares amis le croient député libéral,
Sa femme, ses enfants le disent ministre
Et ses parents le pensent professeur de lettres
Assis sur une chaire d'agrégé, en velours,
Enduisant à cor et à cri aux élèves de se taire.

Mais il n'en est rien car cet air de dignitaire,
De faux shah, de roi Lear, de Samson,
Il l'a inventé, il l'a fabriqué, il l'a échafaudé
Avec les bras robustes de sa volonté musclée,
Avec son salaire d'Alpha pris par terre,
Au fond du haut-de-forme renversé sur l'asphalte.

Ayant une inclination infinie pour les magnats,
Mr. Bertrand dresse son dos et se prend pour un dieu roi
Qui n'a qu'un peuple imaginaire tombé à genoux,
Ou, les mains dans les poches, il fume sa pipe
Et lui court après comme pour l'attraper
En écartant jusqu'au bout le compas de ses pas.

Il le sait, résigné, qu'il n'atteindra guère
La Gloire qu'il subtilise dans une incessante guerre
Contre les insectes envahissants de la Misère.
Cependant, il a tout, une famille, une villa
Et rien à envier aux postes les plus beaux
Car le Talent du génie, comme ces paysages superbes
Qui ignorent le pays pauvre les abritant,
Ne regarde pas l'endroit où il atterrit
Et rendrait riche même les gnomes monstrueux
Sans pour autant effacer la détresse sur leurs yeux.

Un clown joyeux , le jour, et triste, la nuit :
Voilà ce que Mr. Bertrand a réussi !
Du haut de ses quarante ans qui ne lui vont pas,
Au soleil, il joue de la guitare dans un parc,
Entouré d'ifs curieux et de demoiselles charmées,
Ou enchaîne, enjoué, dans la rue achalandée,
Ses numéros de cirque qui font mouvoir la foule
De gens fusionnant comme un blob intelligent.

Le soir venu, sous la lune et les étoiles en chœur,
Il pleure, et ses larmes, ces cantiques du cœur,
Détruisent la peinture de sa peau colorée.

Il pleure dans son coude, parlant à la cantonade :
C'est un navire immobile, prisonnier de la rade,
Qui voudrait s'affranchir, dériver vers le large…
C'est un artiste damné, maudit, solitaire,
Piteusement accroché à la marge du Bonheur !

Alors, une nuit, il quitta doucement son lit
Puis alla lentement s'accouder à la fenêtre
Que baignait la noirceur d'une lumière bleutée.
Séléné était belle et traversait le ciel
Noir parsemé de milliers d'étincelles…
Là haut où eussent fleuri en lys épanouis
Les illustres astres d'une Renommée flétrie
Le clown triste jeta un dernier regard
Avant de s'éloigner sans s'être revêtu,
En enjambant la baie, s'appuyant au trumeau,
Vers l'horizon feuillu d'obscurité touffue…

Dans le bois monotone de l'hiver alourdi,
Un homme errait, seul, et humait l'air du soir,
Il sanglotait, courbé, et se rappelait, déprimé,
Toute sa vie passée à n'être qu'un artiste
Sans valeur, sans succès, sans reconnaissance;

Il grimpa un arbre et, sous une branche qui danse,
L'on voit encore son corps que le vent froid balance.

- Saltimbanque, intercepte l'obole des ombres
Et ton chapeau de mort est content d'être rempli
Grâce à tes grimaces figées, creusées
Comme des ornières dans ta joue hâve et dure !





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